53 % : c’est la part des internautes français qui déclarent ne plus jamais consulter leurs sites favoris autrement que via les réseaux sociaux. Pourtant, certains outils refusent encore de se plier à cette logique de flux verrouillés. Les flux RSS, loin du grand public, poursuivent leur route dans l’ombre, tenus à bout de bras par une poignée d’utilisateurs fidèles.Les professionnels de la veille, les chercheurs et une partie des utilisateurs avancés du web privilégient ce format pour filtrer et organiser leurs sources. Les statistiques montrent que l’adoption globale stagne, mais la fidélité des adeptes reste constante, portée par la recherche d’indépendance et d’efficacité dans la gestion de l’information.
Le flux RSS en 2023 : entre oubli et redécouverte
Né à la charnière des années 2000, le flux RSS s’est rapidement imposé dans le paysage numérique. Mais avec la montée en puissance des réseaux sociaux et la folie des plateformes fermées, il a perdu sa place au centre du jeu. Certaines mastodontes du web ont même effacé toute trace visible de leurs flux RSS, préférant enfermer les utilisateurs dans leur propre écosystème.
Cependant, ce mode de syndication de contenu web continue de mobiliser une base fidèle. Les communautés techniques, en quête de maîtrise, relancent le protocole ouvert, accompagnées d’une myriade d’outils modernes, souvent en open source. Des lecteurs RSS en ligne aux applications auto-hébergées, il existe aujourd’hui des solutions qui placent la confidentialité et l’autonomie au premier plan.
Pour les webmasters et éditeurs de contenu, le fichier XML reste un passage obligé. Ils y trouvent une méthode simple, indépendante et compatible pour publier leurs articles, à l’écart des stratégies algorithmiques. Grâce au RSS format, l’accès à la description et au contenu originaux ne subit ni sélection ni distorsion extérieure.
Face à l’affaiblissement des flux d’information classiques, la syndication de contenu regagne du terrain. D’un côté, le RSS paraît daté ; de l’autre, il attire une nouvelle génération lassée du web sur-mesure dicté par des algorithmes. Cette population privilégie la liberté, le contrôle et l’automatisation, bien loin des tendances imposées par le marché.
Qui utilise encore les flux RSS aujourd’hui ? Profils et motivations
Les adeptes du RSS ne s’effacent pas. Journalistes, chercheurs, développeurs et professionnels de la veille se retrouvent dans l’idée de garder la main sur leurs sources, avec un accès direct à l’information, sans passer par les choix arbitraires d’algorithmes ou de réseaux triés sur le volet.
Pour beaucoup de journalistes, le RSS continue d’occuper une place de choix. Il leur permet de suivre l’actualité de nombreux sources d’information, d’éviter la dispersion liée aux plateformes sociales et de composer un fil d’actu sur mesure.
Dans l’univers open source, la vitalité reste intacte : des lecteurs alternatifs voient le jour, alimentés par ceux qui réclament autonomie et protection de leurs données. Les développeurs plébiscitent la simplicité et la malléabilité du format : scripts automatisés, tableaux de bord personnalisés, le RSS est partout où l’on veut centraliser et automatiser la veille technologique sans s’encombrer d’intermédiaires.
Ceux qui privilégient la confidentialité n’y voient qu’un avantage : pas de reco, pas de pubs qui suivent à la trace, juste la possibilité de s’abonner sans rendre de comptes à qui que ce soit. Les veilleurs y gagnent un outil fiable : collecte automatisée d’articles ou d’études, économies de temps tout en esquivant une overdose d’informations inutiles.
Voici pourquoi ces publics misent encore sur le RSS :
- Surveillance d’actualités en continu
- Automatisation de la veille
- Protection de la vie privée
- Centralisation des sources
Quels usages concrets pour les flux RSS dans la veille et la gestion de l’information ?
Loin d’être has-been, les flux RSS s’affirment comme de précieux compagnons pour la veille stratégique et la gestion de l’information. Utiliser un lecteur RSS, qu’il soit en ligne ou installé en local, revient à réunir l’ensemble des publications d’intérêt (blogs, actualités, podcasts) dans une interface unique. Exit le zapping d’onglet en onglet : tout est réuni, classé, rafraîchi en temps réel.
Surveiller automatiquement ses sources, c’est là un vrai plus. Ceux qui pratiquent la veille utilisent le RSS pour garder le contrôle sur des centaines de médias : quotidiens, revues pointues, bases de données spécialisées. Certaines sociétés intègrent même des flux à leurs outils de surveillance pour suivre leur e-réputation ou recevoir des alertes dès qu’un mot-clé ressort, en jumelant les flux à des logiciels de veille dédiés.
Pour donner des exemples concrets d’usage courant du RSS dans le milieu professionnel ou associatif, il existe plusieurs pratiques :
- Abonnement sélectif à des flux thématiques
- Suivi de podcasts par récupération directe du lien RSS
- Constitution automatique de synthèses quotidiennes à partir de plusieurs sources
Le RSS va d’ailleurs bien au-delà de l’actualité chaudes. Dans l’enseignement ou la recherche, il sert à guetter les dernières publications scientifiques, les nouveautés éditoriales, ou encore les mises en ligne de rapports et prépublications. Certains agrégateurs modernes permettent d’aller plus loin avec des filtres avancés, pour ne voir que les infos réellement pertinentes. Sur le plan technique, la légèreté du fichier XML et la rapidité de synchronisation font du RSS un moyen discret de rester à la page… sans l’être à marche forcée.
Conseils pratiques pour s’abonner, organiser et tirer le meilleur parti des flux RSS
Pour commencer à suivre un flux RSS, il faut d’abord sélectionner un lecteur RSS adapté : application mobile, interface web ou solution auto-hébergée. Certains services misent sur l’efficacité et l’approche épurée, d’autres visent les utilisateurs qui aiment classer et personnaliser leur veille de fond en comble.
Reste à trouver l’URL du flux RSS sur le site voulu. Parfois signalée par la célèbre icône orange, parfois cachée dans le code source ou trouvée via une extension de navigateur, elle se colle ensuite dans le lecteur choisi : la synchronisation démarre, tous les nouveaux articles arrivent automatiquement.
Un minimum d’organisation permet d’éviter l’effet catalogue géant. Classer les flux thématiquement (actualités, sciences, secteur professionnel, podcasts, etc.) simplifie la consultation quotidienne. Les lecteurs modernes proposent aussi des tags ou dossiers, chacun pouvant filtrer, étiqueter ou hiérarchiser en fonction de ses priorités. Avec des règles personnalisées ou des mots-clés, il devient facile d’ignorer le superflu au profit de l’essentiel.
Pour les utilisateurs avancés, le RSS se relie parfaitement à des outils d’automatisation comme IFTTT ou Zapier. Il devient alors possible de recevoir des alertes, d’archiver des contenus, voire de déclencher des actions dès la publication d’un nouvel article. Certains lecteurs autorisent même l’export de ses abonnements sous forme de newsletters façonnées à façon.
Enfin, les extensions de navigateur simplifient le repérage des flux sur le web, même quand les éditeurs les rendent moins évidents à trouver. Prendre le temps d’explorer différents lecteurs, d’expérimenter les options de filtrage, d’ajuster ses dossiers… c’est la clé pour bâtir une routine de veille vraiment sur-mesure.
Le RSS n’a pas tiré sa révérence en 2023. S’il s’éclipse du radar du grand public, il résiste et s’adapte, loin des caméras. Peut-être sommes-nous à l’aube d’un vrai retour de l’info choisie, maîtrisée, arrachée aux tiroirs secrets des algorithmes.


